LETTRE OUVERTE de l’intersyndicale CGT CFTC CFE CGC JALLATTE JAL GROUP France

LETTRE OUVERTE de l’intersyndicale CGT CFTC CFE CGC  JALLATTE

JAL GROUP France

 5 rue du Fort Pierre JALLATTE

30170 ST Hippolyte du Fort

 

 

 

Monsieur le Ministre de l’Industrie

Monsieur le Préfet de Région

Monsieur le Préfet du Gard

Monsieur le Président du Conseil Régional

Monsieur le Président du Conseil Général

 

Le 24 mars 2010

 

 

Messieurs,

 

 

 

Le groupe JAL va  être vendu.

Le comité d’entreprise de Jal Group France a été réuni par deux fois pour information et consultation sur les projets de deux candidats à la reprise de l’ensemble du groupe.

 

Le 23 février, le comité d’entreprise a examiné un premier projet de reprise, celui  présenté par le groupe industriel indien RAHMAN, qui est déjà propriétaire du groupe Lemaître Sécurité en France, et est un acteur important au niveau international de la chaussure de sécurité. Dans son avis, le comité d’entreprise ne s’est pas opposé à la reprise de leur société par ce groupe, souhaitant en finir avec des actionnaires purement financiers, mais sous condition que le groupe Rahman s’engage sur un vrai projet industriel  intégrant les structures et le savoir faire du site de Saint Hippolyte du Fort.

 

Le 11 mars, le comité d’entreprise a du examiner un second dossier, le projet d’acquisition du groupe par une société dénommée CRF Capital Partners.

 

Manifestement,  ce projet est soutenu et a été suscité par le management italien du groupe opposé au projet du groupe Rahman. Egalement semble-t-il par les autorités tunisiennes, la Tunisie ayant bénéficié seule sur ces dernières années des délocalisations de production opérées à partir des pays européens (Italie, Allemagne, France).

Nous sommes extrêmement inquiets.

 

CRF (pour caisse de retraite commune ?), de création manifestement très récente, n’est ni une société industrielle, ni un acteur financier ayant pignon sur rue. Même nos experts n’ont pu trouver d’informations sur cette structure ignorée de la presse internationale spécialisée. Il s’agit, semble-t-il, d’un groupe, d’une poignée de consultants et d’anciens dirigeants en retraite ou proche de la retraite désireux de réaliser quelques bonnes opérations en plaçant les fonds d’investisseurs par ailleurs non identifiés.

 

L’examen de leur site internet www.crfcapitalpartners.com est particulièrement éclairant. Leur méthode ? Ce sont des « cost killers » qui ferment les usines, réduisent l’emploi, recherchent en 12-18 mois le retour à la profitabilité maximum et revendent dans les deux années qui suivent pour garantir à leurs prêteurs de fonds le meilleur rendement financier possible.

 

Compte tenu des éléments particulièrement inquiétants d’ores et déjà en leur possession, et du vide sidéral du dossier présenté au comité d’entreprise,  les représentants des salariés ont décidé de ne pas rendre un avis et ont transmis à la Direction une liste de questions et demandes d’éclaircissements (confer motion jointe). Ils ne se prononceront pas dans le cadre de la procédure d’information consultation légale avant d’avoir reçu réponse complète. Ils se réservent la faculté de faire intervenir le cabinet d’expertise SECAFI pour une mission d’accompagnement  et de conseil avant toute décision.

Ils vous demandent le soutien de l’administration, de l’Etat et des pouvoirs publics.

 

L’Intersyndicale de Jal Group France vous rappelle par ailleurs que le groupe Jal a bénéficié en France, son principal marché, des largesses de l’Etat et des pouvoirs publics.

 Le bâtiment de l’usine d’Alès a été racheté par la Communauté du Grand Alès 2,5 millions d’euros. Le Conseil Général du Gard a par ailleurs acheté la moitié du château de Saint Hippolyte du Fort encore propriété du groupe pour 1,1 millions d’euros.

Jal Group France a également bénéficié d’importantes mesures de soutien lors de la restructuration de 2007, dont le financement de pré retraites (62 salariés), et du soutien de l’Etat en 2009 dans le cadre des mesures de chômage partiel.

 

Jal Group France et Saint Hippolyte du Fort, et au-delà le groupe JAL ont besoin d’un investisseur avant tout porteur d’une stratégie industrielle et de développement valorisant l’ensemble des atouts des composantes du groupe. Et non de prédateurs soit disant spécialistes des « sociétés en retournement », animés par le seul profit et rendement à court terme.

 

Nous vous demandons d’intervenir fermement auprès du management et des actionnaires du groupe afin que les garanties nécessaires soient apportées et les bons choix effectués. Nous vous demandons, tout comme nous allons le faire de notre coté, de mettre notre site et société sous haute surveillance de la collectivité.

 

 

CGT

CFTC

CFE CGC

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